Les influences interculturelles s’entrechoquent dans l’œuvre du célèbre créateur de mode Kenzo Takada, et les débuts de la marque de produits d’intérieur et de style de vie K3 à Paris marquent une nouvelle étape.

Kenzo Takada : C’est qui et c’est quoi son métier ?

Kenzo Takada, créateur de mode pionnier qui a abandonné sa marque éponyme en 1999, n’a jamais cessé de créer. Après avoir pris de nombreuses années de repos pour voyager, son travail a commencé à lui manquer et il a décidé de se lancer dans le monde de la décoration intérieure, où les articles ont une durée de vie plus longue que dans l’industrie de la mode, qui évolue rapidement.

Âgé de 81 ans et plein d’un enthousiasme débordant, Takada a créé une nouvelle marque de décoration et de style de vie avec son associé directeur Jonathan Bouchet Manheim et son assistant créatif Engelbert Honorat.

Tout savoir sur la nouvelle marque K3 de Kenzo Takada

Après trois ans de développement, K3, dont l’emblème est constitué de trois traits horizontaux en caractères japonais, a fait ses débuts avec une collection de 300 pièces fabriquées à la main par des artisans italiens et japonais. La marque a fait ses débuts au salon Maison & Objet de janvier à Paris, où elle a également ouvert son premier showroom sur la rive gauche de la ville.

Takada considère le design comme un art de vivre. « Vous pouvez augmenter votre sentiment de bien-être en combinant des couleurs et des motifs dans votre design ». Il s’agit « d’harmonie, de joie, de confort et de contrastes », estime-t-il.

« Nous espérons apporter au K3 un mélange de cultures, de poésie et de joie », a déclaré l’équipe (joie de vivre en français). Mon idéal en matière de décoration intérieure est celui qui vous donne envie d’y rester. Je préfère quelque chose de doux et de poétique à la dureté. « J’aime la rêverie ». Ses revêtements muraux, par exemple, représentent des images sereines du ciel et des paysages, créant un sentiment de tranquillité.

Takada l’un des premiers designers japonais à s’installer à Paris

Takada a été l’un des premiers créateurs japonais à s’établir à Paris, défiant les préjugés de l’industrie de la mode à l’égard des Asiatiques à l’époque. K3 présente aujourd’hui son style iconique, qu’il a établi grâce à des visuels joyeux et colorés. Takada est né avec certains talents, notamment la capacité de créer une esthétique interculturelle qui séduit à la fois le public asiatique et européen, ce dont il a été le pionnier dans les années 1970, bien avant que les créateurs japonais Rei Kawakubo, Yohji Yamamoto et Issey Miyake ne fassent la une de la Semaine de la mode de Paris.

Les points fort des créations de Kenzo Takada

La préciosité des tissus, la légèreté des formes et le raffinement des lignes de Takada continuent de jeter des ponts entre l’Orient et l’Occident. « Quand j’ai eu 60 ans, j’ai décidé que je voulais arrêter de travailler et prendre ma retraite, mais même maintenant, à mon âge, je me retrouve à recommencer encore et encore. »

La collection est divisée en trois thèmes. La ligne masculine Shogun se distingue par des teintes noires, blanches et dorées, tandis que la ligne féminine Maiko se distingue par des teintes roses qui élèvent l’esprit tout en rappelant les kimonos et les maquillages portés par les jeunes geishas. Sakura est une collection inspirée de la nature avec des tons doux qui évoquent le calme et la paix.

En quoi consiste la nouvelle collection K3 ?

Parmi les pièces les plus remarquables figurent les exquis paravents japonais en bois laqué à deux panneaux, fabriqués à Tokyo. Un kimono en papier de riz avec des feuilles d’or, d’argent ou d’étain est présenté (voir ci-dessus). Parmi les autres options de dessus, on trouve une table basse en porcelaine honorant l’ikebana, qui peut être utilisée comme vase et dont le dessus annelé permet aux fleurs de flotter à la surface, un fauteuil de style Louis XV tapissé d’un textile à motifs japonais, et des coussins modernes en ikat fabriqués en Italie.

Les motifs rendent hommage au kintsugi, une pratique japonaise du XVe siècle qui consiste à restaurer les céramiques brisées avec une laque recouverte de poudre d’or, d’argent ou de platine afin d’accentuer les fractures et les trous plutôt que de les dissimuler.

Cette méthode est également liée au wabi-sabi, une philosophie japonaise qui met l’accent sur la beauté de l’impermanence et de l’imperfection. Cette référence à l’acceptation des défauts renforce la beauté de ses objets tout en évoquant l’idée de recyclage plutôt que de mise au rebut.